Gestion des eaux autoroutières
Afin de rendre le réseau routier québécois sécuritaire en hiver, entre 30 et 50 tonnes de sels de déglaçage ou sels de voirie sont épandus annuellement sur chaque kilomètre de route au Québec (source : MTQ, 2010).
Les sels de déglaçage, principalement des chlorures de sodium et des chlorures de calcium, sont très solubles dans l’eau et donc très mobiles dans l’environnement. Ils se retrouvent tôt ou tard dans les cours d'eau avoisinants, que ce soit par infiltration dans le sol et les eaux souterraines ou par ruissellement dans les eaux de surface.
Les lacs caractérisés par une faible capacité de dilution, un long temps de séjour des substances introduites et qui subissent les effets cumulés des réseaux routiers denses, sont des zones sensibles aux sels de déglaçage. Le lac Saint-Augustin, malheureusement, se trouve dans cette situation.
Son petit bassin versant, d’une superficie de seulement 6,3 km2 à comparé à 553 km2, pour celui de la rivière Saint-Charles, est affecté par l’autoroute Félix-Leclerc et par le réseau routier bien ramifié situé autour du lac.
Toutes les eaux contaminées générées à l’intérieur des limites du bassin versant se drainent dans le lac où les sels s’y accumulent.
Les chercheurs de l’Université Laval ont constaté que la présence de sel dans l’eau du lac augmentait graduellement avec les années et ont confirmé la présence, au fond du lac, de microorganismes typiques des milieux saumâtres (mélange d’eau douce et d’eau salée). Les baigneurs et les riverains n’en voient pas encore les conséquences car c’est surtout le fond du lac qui est salé, l’eau salée étant plus lourde que l’eau douce. En fait, l'augmentation de la teneur en sel dans le lac favorise sa stratification en couches plus ou moins distinctes, qui ne se mélangent plus ensemble, ce qui entraîne une diminution importante de l’oxygène nécessaire pour la vie aquatique.
En plus, une hypothèse scientifique circule à savoir que l'apport de sel de déglaçage peut résulter en une augmentation du pH de l'eau du lac, ce qui favoriserait la problématique des algues bleu-vert !
Pour freiner cette tendance, il faut d’une part, entrevoir un traitement des eaux provenant de l’autoroute et d’autre part, favoriser une meilleure gestion du sel sur les routes entourant le lac.
Pour résoudre la première problématique, le ministère des Transports et l’Université Laval ont imaginé une chaîne de traitements géochimique et biologique. Dans un premier temps, un lit filtrant composé de matériaux absorbants naturels, reçoit et traite les eaux autoroutières en retenant les contaminants dont le sel, tout au long de l’année et indépendamment de la température extérieure.
Dans un deuxième temps, un marais épurateur entre en action. Il est composé de plantes appelées « halophytes » qui sont adaptées au milieu salé. Certaines d’entre elles sont indigènes au Québec et on les retrouve notamment dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent.
Ce marais reçoit les eaux semi-épurées du lit filtrant. Les plantes y absorbent les contaminants au rythme de leur capacité épuratrice qui varie en fonction de leur croissance.
Elles accumulent alors le sel dans leurs tissus puis, par une récolte annuelle, le sel est éliminé de l’environnement.
Ce projet a vu le jour en 2009 grâce au financement du ministère des Transports du Québec (MTQ), du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada (CRSNG) et de la Ville de Québec.
Les eaux autoroutières ont d’abord été caractérisées pour connaître leur composition exacte. Plusieurs essais en laboratoire ont été réalisés afin de sélectionner les espèces d’halophytes les mieux adaptées et de choisir les matériaux absorbants les plus performants.
Enfin, les plans et devis de la chaîne de traitement (lit filtrant et marais épurateur) ont été élaborés et un emplacement a été sélectionné pour construire le projet pilote au printemps 2010. À suivre !
Quant aux routes entourant le lac Saint-Augustin, rappelons que les Villes de Saint-Augustin-de-Desmaures et de Québec sont toutes deux responsables de leur entretien, puisque le lac s’étend sur le territoire de ces deux entités municipales.
La Ville de Québec possède actuellement une politique préconisant la réduction de l’utilisation des sels de déglaçage près des zones qu’elle considère sensibles, tel le lac Saint-Charles. Le CBLSA a demandé à la Ville d’inclure le lac Saint-Augustin dans cette liste.
Quant à la Ville de Saint-Augustin-de-Desmaures, l’adoption d’une politique similaire fait son chemin. Le CBLSA suit le dossier !
Et vous, citoyen du bassin versant, est-ce que vous minimisez l’utilisation du sel sur votre propriété ou utilisez un produit alternatif moins nocif ?
Consultez les sites Internet suivants pour plus d’information :
http://vieenvert.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=444
http://vieenvert.telequebec.tv/occurrence.aspx?id=29 http://www.quebechebdo.com/article-293232-Alternative-efficace-au-sel-de-deglacage.html http://www.saenviro.com/ecosolutions/sels_de_deglacage.htm